mercredi 11 février 2026


« Ainsi donc, rien de ce qui apparaît ne périt entièrement, puisque la nature refait une chose à partir d’une autre et ne dissout rien sans le secours d’une transformation. Car ici quelque chose se défait, ailleurs quelque chose se condense, la figure change, mais rien ne se dissipe dans le vide. De même la chaleur et l’humide, la terre et le souffle, demeurent, varient, reviennent dans les corps du monde. Ce qui se cache sous la nuit ne demeure pas inactif: la nature agit sous un poids invisible et conserve, dans la durée, les traces de ce qui s’est produit.»

D’après Lucrèce, De la nature des choses (De rerum natura).

Cette tension modifie la manière dont la peau repose sur l’os. Elle infléchit la posture des traits. Rien n’est encore exprimé, à peine visible, mais tout s’y prépare. À certains moments, ce travail intérieur atteint un seuil. Une variation se propage et remonte jusqu’à la surface. Le visage répond. Un sourire naît, non comme un geste décidé, mais comme l’émergence d’une pression devenue visible. Les lèvres se déplacent sous l’effet d’une légère chaleur mentale. Le regard change d’orientation. L’expression ne traduit pas un contenu déjà formé. Elle est le lieu même où ce qui agissait dans l’ombre prend forme.



La matière s’accumule. En plein cœur la température reste élevée. La surface se stratifie lentement. Chaque couche enregistre une phase du travail du monde. La nuit circule. Elle traverse les masses. Elle s’insinue dans les creux. Elle habite les profondeurs. Elle n’efface pas la lumière. Elle la retient. Car la lumière est là, prise dans la matière. Elle circule sous forme d’énergie. Elle se transforme et s’accumule.






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