« La conscience de soi est en soi et pour soi en tant qu’elle est et parce qu’elle est en soi et pour soi pour une autre conscience de soi; c’est-à-dire qu’elle n’est qu’en tant qu’être reconnu. […]
La conscience de soi n’atteint sa satisfaction que dans une autre conscience de soi. […]
Chacune est bien certaine de soi-même, mais non de l’autre; et pour chacune, sa propre certitude de soi n’a encore aucune vérité, car sa vérité ne serait que si son être-pour-soi lui était devenu un objet, comme il l’est pour l’autre. […]
Elles doivent entrer dans cette lutte à mort, car elles doivent élever la certitude qu’elles ont d’elles-mêmes, à la vérité, aussi bien en l’autre qu’en elles-mêmes.»
La conscience de soi n’atteint sa satisfaction que dans une autre conscience de soi. […]
Chacune est bien certaine de soi-même, mais non de l’autre; et pour chacune, sa propre certitude de soi n’a encore aucune vérité, car sa vérité ne serait que si son être-pour-soi lui était devenu un objet, comme il l’est pour l’autre. […]
Elles doivent entrer dans cette lutte à mort, car elles doivent élever la certitude qu’elles ont d’elles-mêmes, à la vérité, aussi bien en l’autre qu’en elles-mêmes.»
Hegel, Phénoménologie de l'esprit, Traduction de Jean Hyppolite
On peut se demander… ce que font les personnages imaginaires quand il ne sont point présents dans l’histoire… ou… quand le livre se ferme… L’Enfant Lune, lui aussi, se le demande.
– On m'a parlé d'un groupe de philosophes appelé le Cercle des Miroirs Récalcitrants. Avez-vous connaissance de leur existence?
– En effet, je connais leur histoire. Le Cercle était un groupe de réflexion créé par Platon l'Ancien et ses disciples. Leur but était d'explorer la nature des conflits et de les utiliser comme source d'inspiration pour créer quelque chose de nouveau.
– Intéressant. Et comment cela fonctionnait-il concrètement?
– Le groupe n'avait pas de hiérarchie ou de chef. Chacun était libre de s'exprimer et de prendre part aux décisions. Ils utilisaient le "conflit créatif" pour discuter et débattre de leurs idées, en cherchant toujours à trouver un consensus.
– Et leur vision pour le monde?
– Ils croyaient que la reconnaissance et l'acceptation des différences entre les individus et les cultures pouvaient mener à une meilleure compréhension et à une plus grande harmonie entre les peuples.
– C'est une vision intéressante. Mais comment cela peut-il s'appliquer dans notre vie quotidienne ?
– Nous devons reconnaître que les conflits sont inévitables, mais qu'ils peuvent être utilisés comme une source d'inspiration pour créer quelque chose de nouveau. Nous devons accepter et respecter les différences entre les personnes et les cultures qui nous entourent, et chercher à les comprendre plutôt que de les éviter.
– Je vois. Et pour vous, quelle est votre vision pour le monde?
– Pour moi, la clé est l'acceptation de soi et des autres. Nous devons apprendre à nous accepter tels que nous sommes, avec toutes nos imperfections, et à accepter les autres tels qu'ils sont. Si nous pouvons faire cela, nous pourrons vivre dans un monde plus harmonieux et épanouissant.
– Le refus de toute hiérarchie fixe, l’idée que chacun parle, que chacun expose sa position, mais surtout que cette exposition engage. Le conflit n’est pas un désaccord superficiel que l’on résout par compromis; il est une épreuve où chacun risque de perdre sa certitude première pour accéder à une forme plus haute de reconnaissance.
Et peut-être est-ce là le point le plus subtil: il n’y a pas d’harmonie préalable que le dialogue viendrait simplement révéler. L’harmonie, si elle existe, surgit de ce travail même du négatif, de cette tension entre des consciences qui ne coïncident pas.
– Ce que votre «Cercle» semble chercher, c’est exactement cela: non pas éviter le heurt...
– ... mais le porter assez loin pour qu’il devienne créateur.
– Pourtant... pour cela... il vous faudra rompre le cercle... et arrêter de tourner en rond...
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