dimanche 6 septembre 2009

Je désirerai ne pas vous induire en erreur, quant à ce qui concerne cette science ;
il est si difficile d'éviter la fausse route ; elle renferme un poison si bien caché,
que l'on a tant de peine à distinguer du remède ! Le mieux est dans ces leçons là,
si toutefois vous en suivez, de jurer toujours sur la parole du Maître.
Au total... arrêtez-vous aux mots ! et vous arriverez alors
par la route la plus sûre au temple de la certitude
." *




- Mon Bon Roi, ce chien tremble et n'est guère rassuré... il est manifeste qu'il a peur. Regardez ce regard halluciné qu'il cherche vainement à cacher. Il m'a dit tout-à-l'heure qu'il entendait des voix et que ces voix s'adressaient à vous-même. Or, vous voyez, si j'ose dire, que nous ne voyons rien, et surtout nous n'entendons rien d'autre que le chant de vos sirènes...

- Je le comprend. Mais dites-moi, quelle est cette odeur putride ? Ces mystérieuses effluves sont-elles les émanations de votre cuisine ou le signe concret de réalités qui nous sont insaisissable?

- Mon Bon Roi, l'idée selon laquelle il existerait certaines sortes de monde parallèle est chose dangereuse, notre cité, à votre convenance, est bâtie sur les fondements de la raison et je crains que ce vous concevez ne soit que le résultat d'un phénomène le plus vulgaire : ce chien errant est sous l'emprise de la peur et il dégage, de par ce fait, ce fumet si peu alléchant.

- Eh bien soit, votre beau discours m'a convaincu. Vous êtes manifestement l'homme de la situation. Il me semble évident que ce sera vous qui allez faire office de goûteur. Démontrez-nous, cher et brillant Orateur, l'inoffensive activité de votre chef d'œuvre.

- Je n'en demandais pas tant... je le ferai sans coup férir et avec grand plaisir ; mais, dans ce même ordre d'idée qui vise à la protection de votre Altesse, il me semble que je devrai dès lors aussi me sacrifier et profiter des leçons particulières à propos des zones perceptives émoussées de votre Seigneurie pour juger du bon fondement et des conséquences pour l'instant inoffensives de leurs actes mais qui ne sont pas sans un certain danger. Vous seriez alors tout-à-fait réconforté et pourriez alors, en confiance, profiter pleinement et sans arrières pensée de leur enseignement.

- Je n'ai pas entièrement compris le sens de votre discours mais il n'est certainement pas dépourvu de bon sens. Si j'obtiens l'accord de mes enseignantes il en sera fait selon votre proposition. Permettez que je leur en touche un mot et nous prenions le temps de la réflexion.




"Cesse donc de te jouer de cette tristesse qui,comme le vautour, dévore ta vie.
En si mauvaise compagnie que tu sois,
tu pourras sentir que tu es homme avec les hommes :
cependant on ne songe pas pour cela à t'encanailler.
Je ne suis pas moi-même un des premiers ;
mais, si tu veux, uni à moi, diriger tes pas dans la vie,
je m'accommoderai volontiers de t'appartenir sur le champ.
Je me fais ton compagnon, ou, si cela t'arrange mieux,
ton serviteur ou ton esclave." *

* Faust, Goethe, livre de poche


Nous allons voir que notre serviteur, ayant œuvré avec succès dans sa quête, il est
bien prêt d'accéder à ses propres désirs.

Aucun commentaire: